Afghanistan : le général Lecerf pointe des "défaillances", selon une lettre confidentielle

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Afghanistan : le général Lecerf pointe des "défaillances", selon une lettre confidentielle

Message par Guy Verdier le Lun 8 Déc - 18:58

Afghanistan : le général Lecerf pointe des "défaillances", selon une lettre confidentielle


Le général Lecerf dénonce les "défaillances dans l'encadrement des hommes au combat", affirme la Lettre A, un hebdomadaire d'informations confidentielles. Le général Antoine Lecerf, 58 ans, commande la Force d'action terrestre à Lille et il est à ce titre l'un des principaux commandeurs de l'armée de terre.
Voici la note intégrale parue dans la Lettre A : "Le général Antoine Lecerf est le premier à rompre le consensus mou qui s'est établi au plus haut niveau hiérarchique des armées, après la mort des soldats français dans l'embuscade d'Uzbeen, en août en Afghanistan. Jusqu'à présent, les critiques mettaient exclusivement en cause les matériels déployés sur ce théâtre d'opérations. Le général qui assure la commandement de la Force d'action terrestre estime au contraire que les vrais problèmes de l'armée de terre viennent plutôt de défaillance dans l'encadrement des hommes au combat. En cause: la formation des jeunes officiers et sous-officiers jugée insuffisante".


Interrogé par nos soins, le général Lecerf nous fait savoir que cet article "n'est pas une citation" de ces propos. "Notre défi est de répondre à un triple chantier d'adaption réactive : les équipements, la préparation opérationnelle et l'adaptation de la formation, avec ce que cela compte de durcissement, d'aguerrissement et de rusticité". Cette préoccupation est "antérieure à l'embuscade d'Uzbin", ajoute-t-il.
Selon nos sources, des propos proches de ceux rapportés par la Lettre A auraient bien été tenus par le général Lecerf, il y a quelques semaines, devant un parterre militaire.
Pour réagir, le forum Secret Défense de Libération.fr
Rédigé le 08/12/2008 à 12:34 | Lien permanent

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Afghanistan. Présent lors de l'embuscade du 18 août, un soldat raconte

Message par Guy Verdier le Mar 9 Déc - 14:46

Publié le 09/12/2008 08:41 - La Dépèche | Dominique Delpiroux
Afghanistan. Présent lors de l'embuscade du 18 août, un soldat raconte


Stéphane a fait partie des premiers renforts, lors de l'attaque du 18 août. Il raconte.



Stéphane Maron rentre tout juste de 5 mois en
opérations en Afghanistan. Photo Stéphane Maron.

Il pleut dru sur le Lot-et-Garonne, sur les séchoirs à tabac et sur le Lot bouffi et vert. Mais Stéphane Maron, 32 ans, est heureux. Heureux d'être chez lui, quelques jours, dans ce village de Clairac qui l'a vu naître et dont il connaît chaque caillou. Près de son épouse, de ses deux enfants, de ses parents. Ce brigadier-chef, du 35e RAP de Tarbes vient de rentrer d'Afghanistan, après presque six mois sur place. Et surtout après avoir vécu aux premières loges, la tragédie où 10 soldats français ont perdu la vie, le 18 août dernier.
La guerre, il connaît ça. Il l'a découverte à Sarajevo, a bourlingué au Kosovo, au Congo et au Tchad avant de partir pour l'Orient.
« J'étais volontaire. C'était une grosse mission. Intéressante, importante. Et dangereuse… »
En Afghanistan, l'armée française assure des patrouilles permanentes pour sécuriser des zones et des populations qui sans cela, tomberaient sous le contrôle des taliban. Dans un décor désolé de pierrailles, de montagnes. Et par 50° à l'ombre. « On souffre. Et puis, on s'habitue. On boit et on transpire. C'était pire au Tchad. »
Le 18 août, ils reçoivent un appel de la base. Ils foncent tout de suite vers le lieu de l'embuscade, où ont été pris une soixantaine de soldats français et afghans, sous les tirs des taliban. « On a roulé comme des fous, aveuglés par la poussière. On a mis une heure là où on aurait dû en mettre trois….»
Sur place, la situation se fige rapidement. Sur une colline, les taliban. Sur l'autre, les renforts où se trouve Stéphane. Entre les deux, les soldats pris en embuscade.
« Nous avons passé 24 heures à nous battre. Il s'en passe des choses en 24 heures… Mais on n'imagine pas qu'il puisse y avoir des morts. On agit en professionnel. Ce n'est que bien après… »
Ce n'est que bien après, lorsque tous les renforts sont parvenus à renverser la situation, et à dégager leurs camarades qu'il apprendra, par exemple, que Rodolphe, un légionnaire avait qui il avait sympathisé quelques jours plus tôt, faisait partie des victimes.
« Tout ce qui s'est dit ensuite, les critiques, tant de la part des politiques que de certains médias, tout cela nous a fait beaucoup de mal, insiste Stéphane. Qui rajoute. Oui, c'est logique que nous soyons engagés là-bas. Comme il est logique de s'engager au Tchad, au Kosovo ou ailleurs. On est là pour ça. C'est notre place. »
Le 19 au soir, Stéphane a appelé sa famille, pour les rassurer.
« C'est pour eux que c'est le plus dur. Ce qui m'a beaucoup touché, c'est toute la solidarité du village. Car quand les soldats se battent, ce sont bien les familles qui prennent des bouchées doubles d'angoisse. Oui, cela peut arriver tous les jours, mais cela fait partie de notre métier… »
Lundi, Stéphane repart pour son régiment. Ensuite ? Il verra. Il aimerait bien poser bientôt son paquetage et profiter de sa famille, dans son cher Lot-et-Garonne. Avec ou sans la pluie.


L'attaque la plus meurtrière

Ce fut l'attaque la plus meurtrière pour les troupes internationales depuis la chute du régime des taliban en 2001. Le 18 août, une patrouille française est tombée dans une embuscade montée par de 140 à 170 insurgés bien armés dans la vallée d'Uzbeen, à une soixantaine de km à l'est de Kaboul. Dix soldats, appartenant pour la plupart au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) de Castres qui venaient d'arriver en Afghanistan, avaient été tués et 21 blessés dans cet accrochage. Une tragédie qui a suscité une vive émotion en France et également dans la région, puisque beaucoup de ces soldats étaient originaires du Grand Sud.
Quelques jours plus tard, les familles des victimes ont pu se rendre en Afghanistan, dans une zone sécurisée, pour un dernier hommage aux victimes. Certaines d'entre elles ont pu ramener un peu de la terre de ce pays.
Des familles qui ont été très choquées par la suite d'un reportage publié dans Paris-Match, où des taliban présentaient en trophées des armes et des objets dérobés sur les soldats tués dans cette embuscade. Quelques semaines plus tard, le sulfureux chef de guerre afghan Gulbuddin Hekmatyar revendiquait dans une vidéo la responsabilité de l'attaque. Fin septembre, les soldats parachutistes du 8e RPIMa de Castres ont été une nouvelle fois pris sous le feu des insurgés afghans lors d'un accrochage assez sévère dans la province de Kapissa, située à une cinquantaine de kilomètres à l'est de la capitale d'Afghanistan. Quatre soldats castrais de la 1e compagnie ont été blessés.
Le drame du 18 aoûta créé un très fort élan de solidarité dans la ville de Castres, qui s'est mobilisée autour de son régiment. De nombreuses épouses de militaires se sont mises à confectionner un ruban jaune, vendu au prix de deux euros, et destiné à améliorer l'ordinaire des soldats dans un pays où la notion de confort est une vue de l'esprit.

Sur le même thème :

  • Un chef de guerre afghan revendique l'embuscade du 18 août contre les Français
  • Afghanistan: 10 soldats français tués dans une embuscade, les attaques se multiplient
  • Identité des dix soldats tués en Afghanistan
  • Afghanistan: 10 soldats français tués dans une embuscade, les attaques se multiplient
  • Afghanistan: quatre soldats du 8e RPIMa blessés dans un accrochage


Dernière édition par Guy Verdier le Mar 9 Déc - 17:14, édité 1 fois

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Re: Afghanistan : le général Lecerf pointe des "défaillances", selon une lettre confidentielle

Message par Invité le Mar 9 Déc - 17:01

tout mes respects à cet homme et à ses camarades.
Daniel

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Re: Afghanistan : le général Lecerf pointe des "défaillances", selon une lettre confidentielle

Message par Marc MORTREUX le Mar 9 Déc - 18:16

Je viens de lire le reportage ci-dessus et comme le souligne dans son interview ce militaire:

Citation:""" «Stéphane a appelé sa famille, pour les rassurer.
C'est pour eux que c'est le plus dur. Ce qui m'a beaucoup touché, c'est toute la solidarité du village. Car quand les soldats se battent, ce sont bien les familles qui prennent des bouchées doubles d'angoisse. Oui, cela peut arriver tous les jours, mais cela fait partie de notre métier… »

lol! Courage à ces familles qui doivent parfois se faire " un mourron d'encre " pour leurs époux, fils, père, etc....
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Pourquoi combattre en Afghanistan ?

Message par Guy Verdier le Lun 5 Jan - 18:02

Publié le 04/01/2009 à 14:50 Le Point.fr
Pourquoi combattre en Afghanistan ?

Par Jean Guisnel
Pour ceux qui ne comprennent pas la présence française en Afghanistan, voici un livre bienvenu. Depuis plus de sept ans, et la première installation du 21ème RIMa à Mazar-e-Sharif en novembre 2001, les militaires français sont présents en Afghanistan. Depuis cette date, des milliers d'hommes et de femmes ont foulé le sol, gravi les montagnes, et sillonné les airs de ce pays qui n'avait pourtant jamais fait partie de la sphère d'influence française. Vingt-cinq de nos compatriotes y ont perdu la vie, et autant ont été blessés.

C'est certes beaucoup moins qu'en Bosnie où plus de soixante-dix Français, dont des appelés effectuant le service national qui existait encore, ont perdu la vie dans une guerre de trois ans et demi commencée à l'été 1992. La Bosnie, c'est l'Europe, c'est chez nous. L'Afghanistan, c'est loin. Ses blanches et toxiques productions ne concernent que peu de Français, son intérêt stratégique ne saute pas aux yeux, et pourtant, une forme d'accord existe dans notre pays pour que nos troupes, envoyées par Jacques Chirac et Lionel Jospin, y demeurent. 2.000 de nos compatriotes s'y trouvent aujourd'hui. Sans doute, le vote de l'Assemblée nationale le 23 septembre dernier n'a-t-il pas illustré l'union sacrée que l'Elysée souhaitait (?). Mais on ne pas non plus parler d'une véritable absence de consensus , dès lors que depuis cette date, aucune campagne d'opposition n'a vu le jour, aucun politique ne s'est élevé contre la présence des troupes sur cette terre lointaine, aucun intellectuel n'a attrapé son stylo, et pas la moindre manifestation n'a arpenté nos chaussées. Et on ne peut pas davantage prétendre que ce thème soit un sujet de prédilection pour les journaux !

Pour toutes ces raisons, on lira avec un grand intérêt le livre de Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération et blogueur émérite sur les affaires militaires. Vif et synthétique, cet ouvrage est pour l'essentiel consacré à l'illustration d'une opinion qui s'exprime en peu de mots : "Faut-il quitter l'Afghanistan ? Ma réponse est : oui, bien évidemment, et le plus tôt possible" ; mais est-ce si simple ? Non, car l'auteur ajoute aussitôt : "Le problème, c'est que c'est devenu quasiment impossible". D'ailleurs la France n'est pas toute seule dans le piège afghan : seuls deux pays de l'Union européenne (Chypre et Malte) n'y ont pas envoyé de troupes... La question afghane est d'autant plus un noeud gordien que l'opinion publique ne la contestant pas, le politique y est majoritairement très attaché car c'est une manière d'exprimer la fidélité de la France à ses alliances. De plus, le coût humain et financier est faible : la guerre d'Algérie a tué dix soldats français par jour durant sept ans, et a coûté 2 % du PIB, soit l'équivalent du total du budget actuel de la défense !

Pas davantage que les autres, Merchet n'a de réponses aux questions qu'il soulève. En revanche, il connaît parfaitement les risques que courent là-bas nos soldats. Il a interrogé les meilleurs spécialistes, dont le géographe Xavier de Planhol qui explique une réalité difficile à appréhender pour nos esprits cartésiens : "ce dont l'Afghanistan a besoin, pendant au moins deux générations, c'est d'être peu gouverné". Merchet revient avec précision sur la mosaïque de peuples, dominés par les Pachtounes et les Tadjiks, qui composent ce pays et n'aiment rien tant que se battre entre eux, tant qu'un ennemi commun ne les dresse pas tous ensemble contre lui. C'est au point qu'on se dit que la problématique afghane pourrait ressembler un peu - en moins drôle, hélas ! - à celle du marché de Brive-La-Gaillarde cher à Georges Brassens, les forces de l'OTAN remplaçant la maréchaussée: "C'est un usag' bien établi / Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes / Tout le monde se réconcilie". L'auteur tempère cette vision des choses en citant un autre universitaire, Daniel Balland : "On dit beaucoup que l'Afghanistan a toujours repoussé les envahisseurs, mais cela n'a été le fait que de certaines communautés, en premier lieu des Pachtounes". Revenant sur les déboires des Soviétiques, soulignant le rôle de la CIA américaine dans leur défaite, puis le soutien initial de cette dernière aux talibans, l'auteur n'en insiste que davantage sur les propos de celui qu'il appelle "un des hommes les mieux renseignés de France", qui lui dit à propos de l'Afghanistan : "nous sommes dans une impasse totale et durable". Certes, mais encore ? De cette guerre, il faudra bien sortir un jour. Par la grande porte, si possible. Et sinon par la petite. Dans aucun des deux cas, ce ne sera simple...

Jean-Dominique Merchet, Mourir pour l'Afghanistan. Pourquoi nos soldats tombent-ils là-bas ? Jacob-Duvernet, 180 pages, 19,90 euros. ISBN : 9782847242195


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Re: Afghanistan : le général Lecerf pointe des "défaillances", selon une lettre confidentielle

Message par Grognard de la République le Lun 5 Jan - 19:44

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