Mort d'un légionnaire : ce qu'il s'est vraiment passé à Djibouti

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Mort d'un légionnaire : ce qu'il s'est vraiment passé à Djibouti

Message par Marc MORTREUX le Mer 17 Déc - 17:05

Mort d'un légionnaire : ce qu'il s'est vraiment passé à Djibouti


La mort d'un légionnaire, lors d'un exercice à Djibouti en mai dernier, a entrainé la mise en examen pour "actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort" d'un jeune lieutenant, et sa mise en détention provisoire. Son avocat s'explique sur le site du Point et Valeurs actuelles rend compte également de l'affaire.

De notre côté, nous avons pu reconstituer le détail des faits. Ils sont accablants.

Le 5 mai 2008, la 1ère compagnie du 2ème Régiment étranger de parachutistes participe, à Djibouti, à un exercice de bouclage de zone, baptisé "Bour Ougoul 2008". Le lieutenant Méderic Bertaud commande les 30 hommes de la 2ème section.

Ce lieutenant, âge de 26 ans, est un très jeune officier. Entré à Saint-Cyr en 2003, il est décrit par ses camarades de la promotion Général Simon comme étant "d'un bon niveau académique, très bon niveau en sport, état d'esprit très militaire, affirmant vite un profil action". "Fana" Légion, il choisit l'infanterie à la fin de sa scolarité et son bon classement à l'Ecole d'application de l'Infanterie lui permet d'obtenir, en 2007, une affectation au prestigieux 2ème REP de Calvi. Ce séjour à Djibouti est sa première mission extérieure.

Ce lundi 5 mai, après une heure de pose, la section reprend sa progression par une très forte chaleur (environ 40C°). Il est 14H30 et l'un des hommes du groupe, avec lequel marche le lieutenant, se plaint de douleurs au genou.

Il s'agit du légionnaire Jozef Svarusko, d'orgine slovaque. Lui aussi est jeune (25 ans) : il est arrivé au REP en décembre 2007, après quatre mois de formation à Castelnaudary (4ème RE). "Ce n'est pas un très soldat" reconnait l'armée de terre, même si les normes du REP sont particulièrement élevées. Jugé "immature" et "indolent", il a encore de vraies difficultés avec la langue française. "Il a une tendande naturelle à se plaindre, une condition physique inférieure à ce que l'on attend d'un légionnaire-para, mais ne rencontre pas de difficultés particulières d'intégration" assure une source militaire.

Svarusko s'arrête et refuse de repartir. Le sergent (chef du groupe) et un caporal le frappent alors. Le lieutenant, qui les a rejoint, les laisse faire, pensant que le légionnaire est un simulateur. La scène est observée à la jumelle par un autre groupe de la section. Zvarusko repart, fait 200 mètres et s'arrête à nouveau. Il reçoit à nouveau des coups de pied. Il demande alors à être évacué, mais repart quand même. 200 mètres plus loin, il s'écroule sur le sol en position foetale. Reçoit à nouveau des coups de pieds par ses chefs. Le lieutenant l'engueule et refuse qu'il soit évacué - ce que demande pourtant le sergent. L'officier s'approche de l'homme à terre et lui donne alors un coup de pied, ainsi qu'un caporal. L'officier menace l'homme de l'abandonner là sans armes et sans eau. Il lui prend sa gourde et ses deux bouteilles d'eau, les vident devant lui en disant "santé!" Il donne l'ordre de ne plus lui donner à boire. La temérature frise les 50°C.

Le groupe reprend sa progression, Svarusko suivant péniblement derrière. 500 mètres plus loin, il rejoint le groupe qui a fait une pause, pour faire un point topographique. Le lieutenant lui fait rendre son arme, mais ne lève pas l'interdiction de boire. Le groupe repart et Svarusko le suit. Il croise alors des camions de la 1ère section. Des hommes lui donnent une bouteille d'eau. Lorsque le lieutenant le voit, il le rejoint, l'accuse d'avoir voulu déserté et lui rappelle qu'il n'a pas le droit de boire. Un caporal le frappe avec le crosse de son fusil et le lieutenant le frappe d'un coup de poing au menton.

Le groupe reprend sa marche et trois légionnaires constatent alors "le teint jaune et les lèvres bleues" de leur camarade, mais ils ne disent rien. Un peu plus loin, Szarusko s'écroule face en avant sur un buisson d'épineux. Les premiers soins lui sont alors prodigués. A 16h15, la section rend compte par radio qu'elle a un blessé. Les secours sont déclenchés à 16h24. Malgré les soins prodigués et l'arrivée d'un médecin, le jeune légionnaire meurt d'un arrêt cardio-respiratoire à 17h35. Sa température intérieure est montée jusqu'à 43°5. L'autopsie n'établira pas de liens directs entre les coups et la privation d'eau et la mort.

Quoi qu'il en soit, l'armée de terre estime que l'officier porte "la responsabilité principale" dans cette affaire. La justice devra désormais trancher.

study http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/12/mort-dun-lgionn.html
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Re: Mort d'un légionnaire : ce qu'il s'est vraiment passé à Djibouti

Message par Guy Verdier le Jeu 18 Déc - 13:55

C'est vraiment lamentable !!! affraid

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