La sécurité Sociale

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La sécurité Sociale

Message par Grognard de la République le Sam 27 Déc - 12:51

Petits arrangements, abus, fraudes caractérisées... Ou comment un système trop laxiste et mal organisé se révèle coûteux pour les finances et néfaste pour la santé des malades.

Les dépenses de santé augmentent pour la bonne cause (vieillissement de la population, progrès médical), mais aussi pour de mauvaises raisons : fraudes, abus et gaspillages sont encouragés par un système laxiste.

80% des entrées aux urgences ne donnent pas lieu à hospitalisation.
(Faute de structures adaptées, les malades se dirigent vers les urgences)
5% des journées d'hôpital seraient dues à des infections nosocomiales ou iatrogènes. (Il s'agit de celles contractées à l'hôpital ou provoquées par certains médicaments. On pourrait économiser de 500 à 800 millions d'euros si elles étaient évitées)
12,6% des arrêts maladie seraient injustifiés. (Taux constaté par la Cnam lors de ses contrôles).
2 milliards d'euros de prescriptions en trop (économie qui serait réalisée si les généralistes qui prescrivent le plus (pour un même type de patients) revenaient à la moyenne. Dans la première catégorie se rangent les arrêts maladie injustifiés, la facturation d'actes fictifs ou les filières organisées. Comme cette escroquerie révélée en octobre 2006 : des ordonnances - falsifiées ou achetées - permettaient de se procurer toutes sortes de médicaments, exportés ensuite vers l'Asie du Sud-Est. Préjudice : 20 millions d'euros.

Un cas similaire est actuellement instruit par la justice. Les inspecteurs de la Sécurité sociale se sont fixé pour objectif de récupérer 138,5 millions d'euros en 2008. Mais le gisement, difficile à estimer, est probablement bien plus important.

Les soins de ville et l'hôpital ne sont pas coordonnés
Les abus, eux, sont le lot d'un système mal organisé, que chacun utilise à sa convenance et non selon son réel état de santé. Ainsi quand l'hôpital est considéré comme un hôtel : certaines familles y laissent séjourner une personne âgée qui pourrait rentrer chez elle. Les laboratoires d'analyse biologique sont montrés du doigt, souvent à juste titre : ils bénéficient d'importants gains de productivité, grâce à la quasi-automatisation des principaux examens remboursés. Mais ils ne les répercutent pas sur leurs prix. Chaque année, la Sécurité sociale négocie avec eux des baisses de tarifs (94 millions d'euros en 2007). « On est encore loin du compte », fait valoir un bon connaisseur du dossier.

Les hôpitaux ont tendance à utiliser des aides, en principe destinées à financer leur restructuration, et à différer celle-ci, regrette la Cour des comptes dans son dernier rapport sur la Sécurité sociale. Exemple : malgré 10 millions d'euros reçus entre 2004 et 2007, le CHU de Lille a « aggravé » son déficit d'exploitation, notamment en raison d'une « difficulté inquiétante à maîtriser les charges de personnel », affirment les rapporteurs. Autre astuce : pour obtenir davantage de financements, certains établissements « surdéclarent » des pathologies, comme les grossesses à risques.
Même ceux qui ont le civisme chevillé au corps sont incités à dépenser plus qu'il ne le faudrait. Les Français ne vont pas aux urgences par plaisir, mais parce qu'ils ne trouvent aucun autre lieu d'accueil : 80 % des cas ne justifient pas d'hospitalisation.

Ce même défaut de structures adaptées (et moins coûteuses) explique que près de 30 % des courts séjours en hôpital ne sont pas médicalement nécessaires. De même que l'occupation d'un bon quart des lits en hôpital psychiatrique : mais où héberger ces malades ? Les soins de ville et l'hôpital ne sont pas assez coordonnés : « Si je suis en vacances et que mon patient est hospitalisé, on va lui prescrire des examens qu'il a déjà passés avec moi », témoigne un généraliste de la région lyonnaise. Ce défaut de suivi pèse aussi sur la qualité de la prévention. « Moins de 1 diabétique sur 5 se fait doser son taux d'hémoglobine glyquée », déplore Gérard Raymond, président de l'Association française des diabétiques. Or cet examen épargne aux patients le passage à une phase plus lourde de la maladie. Et permet de faire des économies tout en soignant mieux

(LIBERATION)
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