Précarité en France

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Précarité en France

Message par Grognard de la République le Mar 3 Fév - 10:28

Mal logement: les chiffres noirs de la Fondation Abbé Pierre
Par Anne Vidalie, publié le 03/02/2009 07:10 - mis à jour le 03/02/2009 07:16 L'EXPRESS


L'édition 2009 du rapport sur le mal logement en France, rendue public aujourd'hui, a de quoi inquiéter les pouvoirs publics. Un constat accablant sur fond de déprime économique.

Alors que la France, déprimée par la crise économique et financière, grelotte dans la rigueur de l'hiver, le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre consacré à "L'état du mal logement" vient à point nommé rappeler que des centaines de milliers d'hommes et de femmes sont privés de toit ou vivent dans l'insalubrité et la précarité. Or "[la] crise, qui impacte lourdement le pouvoir d'achat des ménages, vient encore aggraver des situations tendues, nées de la difficulté à trouver et à conserver un logement dans une France qui manque cruellement de solutions à leur proposer et qui refuse par ailleurs de se doter des logements accessibles en nombre suffisant", souligne le rapport 2009. Et la loi dite "Dalo" de mars 2007, qui crée un droit au logement opposable pour les plus démunis, n'y changera rien, faute de toits disponibles en nombre suffisant...

Combien sont-ils, ces mal logés et ces sans domicile? "Un peu plus nombreux que les années précédentes", indique Christophe Robert, directeur des études de la Fondation.

La froide litanie des chiffres dit l'ampleur du problème: 100 000 SDF; 100 000 personnes qui vivent dans des campings; 250 000 hébergées dans le cadre de dispositifs collectifs; 150 000 obligées de squatter chez des proches; 300 000 qui vivotent entre habitations de fortune et chambres d'hôtel.

Les quartiers sensibles, territoires d'exclusion

En prime, 600 000 logements, occupés par plus 1 million de personnes, sont insalubres. 500 000 ménages locataires n'arrivent plus à s'acquitter de leur loyer et 70 000 propriétaires sont en rupture de remboursement de prêt. Résultat: ils sont 88 000 menacés d'expulsion. Enfin, 350 000 ménages, bien que propriétaires, vivent dans des copropriétés dégradées -bâti dégradé ou obsolète, malfaçons, endettement de la copropriété, impayé de charges, paupérisation des occupants.

Dans ce sombre contexte, la Fondation Abbé Pierre tire la sonnette d'alarme. Doublement. Premier motif d'inquiétude: les personnes âgées, SDF vieillissants, migrants âgés en foyer, mais aussi hommes et femmes qui se "clochardisent à domicile" parce que, leurs ressources financières s'amenuisant, ils n'ont plus les moyens d'entretenir leurs quatre murs.

Seconde préoccupation: la dégradation des conditions de vie et d'habitat dans les "quartiers sensibles", devenus de véritables "territoires de relégation". "Un terreau fertile pour la crise des banlieues", avertit la Fondation Abbé Pierre.

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Re: Précarité en France

Message par Grognard de la République le Sam 4 Avr - 19:18

Reportage au Mont de Piété, très fréquenté en ces temps de crise
La Tribune.fr - 03/04/2009 à 22:20 -


Depuis un an, le Mont-de-Piété, LE prêteur sur gage de France, a vu sa fréquentation augmenter de 25%. Cet établissement vieux de plus de 200 ans attire de plus en plus de personnes victimes de la crise financière. Ecartées du prêt bancaire classique, elles se présentent au siège de l'institution, dans l'espoir d'obtenir un prêt en échange d'un bien personnel.
"Numéro 219 !", appelle une guichetière. "Le 220 ! C'est au tour du 220 !", annonce un autre comptoir. Les personnes servies partent, mais la salle des prêts sur gage ne désemplit pas pour autant. "Depuis le début de la crise, elle bat des records d'affluence : 500 personnes viennent quotidiennement déposer des objets en espérant en retirer un bon prêt, contre 400 en 2007", explique-t-on au Crédit municipal de Paris (CMP), surnommé le Mont-de-Piété.

Ils sont une soixantaine à attendre leurs convocations aux guichets. Ils devront y patienter trois heures en moyenne avant que leurs objets soient estimés et leurs prêts octroyés. Derrière les comptoirs, les mains expertes des commissaires priseurs s'agitent.

Khayra tient précieusement le ticket 225. C'est bientôt son tour. Cette "Rmiste" de 26 ans fait la queue depuis deux heures. Dans son sac, des bijoux prêtés par la famille dont elle espère obtenir un bon prêt. "Au moins de quoi payer mon loyer", espère-t-elle. C'est la première fois que cette jeune Algérienne se rend au Mont-de-Piété. "Normalement j'arrive à peu près à me débrouiller avec mon RMI et l'aide de la famille. Mais aujourd'hui, je croule sous le poids des dettes et les banques ne veulent plus me prêter d'argent."

Khayra n'est pas la seule dans ce cas. Fatima, 40 ans, attend l'estimation de plusieurs objets qu'elle a déposés il y a une heure. Elle vit une période difficile : licenciée il y a quelques mois et divorcée avec un enfant à charge, elle n'arrive plus à joindre les deux bouts. Ses allocations de 641 euros mensuels lui permettent tout juste de payer son loyer. "J'ai déjà contracté des crédits à la consommation, mais je peine à les rembourser. L'avantage ici c'est que les intérêts sont de 1% par mois ; c'est quand même plus honnête que des crédits revolving à 20% ! Au pire, si je ne parviens pas à rembourser, je perds la valeur sentimentale de mes bijoux. C'est dur mais quand on n'a plus le choix...", se désole-t-elle.

Des personnes plutôt modestes, d'origine africaine et sri lankaise constituent la majorité des "engagistes". Mais aujourd'hui, viennent des familles aisées voire très fortunées. Ce sont d'ailleurs les habitants du 16ème arrondissement parisien qui viennent gager le plus, suivis de près par le 18ème et le 19ème arrondissement.

Chemise à carreaux, pantalon de flanelle et veste en velours rehaussée d'une pochette en soie, ils dénotent dans cette salle plutôt colorée. Cachés derrière un journal, certains refusent de parler, d'autres y voient une façon agréable de patienter. Roland, 57 ans, est venu mettre en gage une montre de famille. Directeur commercial d'une société d'investissement immobilier, il vient d'être licencié à la suite d'un dépôt de bilan. Il n'est pas inquiet ; il sait qu'il va toucher en mai son chômage et de grosses indemnités. Mais en attendant, le mois d'avril risque d'être un peu difficile. "Quelles que soient les garanties qu'on apporte aux banques, quand on est au chômage, elles refusent de prêter le moindre centime !", explique Roland, désabusé.

Christiane n'essaie même plus de recourir aux banques. Habituée au prêt sur gage, elle est venue "mettre au clou" un vison de la maison Saga. Estimé à 400 euros par les commissaires-priseurs, le CPM ne lui prêtera que 50% de sa valeur, question de garantie. En même temps, elle vient récupérer le manteau de fourrure de sa mère qu'elle avait mis en gage un an plus tôt. Christiane est habituée depuis son enfance aux fastes d'une vie de neuilléenne. Malgré le décès de son mari il y a cinq ans et une petite retraite de 1.500 euros, elle n'est pas prête à quitter son appartement au loyer dispendieux. "J'ai hérité de pas mal d'objets de valeur à la mort de ma mère. Malgré mes déboires financiers, j'ai finalement de la "chance" dans mon malheur", confie-t-elle.

Mais tout le monde n'a pas la même "chance" que Christiane. De solution passagère pour certains, le Mont-de-Piété peut devenir, pour d'autres, le seul moyen de s'en sortir.
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Re: Précarité en France

Message par Grognard de la République le Lun 6 Avr - 9:54

Martin Hirsh invente la prime de subsistance!
Le gouvernement a versé ce week-end une prime de solidarité censée permettre à 3,8 millions de ménages de survivre en ces temps de crise.


Voilà qui devrait réjouir tous les « crève-la-faim » de France et qui s’inscrit dans la droite ligne de la pauvreté durable. Une prime exceptionnelle destinée à 3,8 millions de ménages et d’un montant fixe, 200 euros. Cerise sur le gâteau, ce n’est même pas la peine d’en faire la demande, elle est apparue sur votre compte en banque comme par magie le 5 avril.

Rien à voir avec le RSA selon les services du Premier Ministre, « c’est une mesure du plan de relance qui bénéficie à un public plus large ». En effet, cette prime est destinée à 3,8 millions de ménages tandis que le RSA n’en concerne que 3,5 millions. Les futurs « indemnisés actifs » du RSA ne sont donc pas les seuls pauvres, la preuve par les faits ! C’est le gouvernement lui-même qui en prend acte avec la distribution de masse de cette prime de solidarité.

300 000 ménages hors-jeu !
De deux choses l’une, soit le futur dispositif RSA ne correspond pas à la réalité de la pauvreté dans le pays, puisqu’il ne s’adresse pas à tous ceux qui sont reconnus comme pauvres, soit le budget qu’il lui est alloué est effectivement trop restreint et c’est 300 000 ménages qui vont rester sur la touche. Probablement une manière de lutter contre la pauvreté pour « le Président de la République qui a souhaité accélérer cette réforme pour répondre à la crise économique. ». Dommage pour les exclus d’office, le ticket gagnant à la grande loterie de la pauvreté, ce sera peut-être pour la prochaine fois !
Dernière contradiction, quoique finalement très cohérente avec une politique capitaliste primaire, celui qui se fait le chantre de la fin des politiques d’assistanat met en place une mesure qui incarne précisément tout le contraire. Plutôt que de privilégier une réelle politique de relance par la demande en favorisant une rémunération juste et équitable du travail, on distribue des « biftons » aux plus pauvres en espérant que ça suffira pour calmer les ardeurs revendicatives du printemps. Une façon, vieille comme le monde, d’acheter la paix sociale en ces temps de crise !

Quand le pain manque dans les assiettes, le Roi vacille !
Au lendemain du G20 dont les médias nous disent (l'Humanité mise à part) qu'il a refondé le capitalisme international en rééquilibrant les rapports de force entre travail et capital, il est bon de mettre en perspective la politique de Martin Hirsh et de Nicolas Sarkozy avec les enseignements du père fondateur de l’économie moderne, Adam Smith. Afin d’assurer la pérennité du système, ce dernieri prônait un salaire de subsistance permettant d’assurer ses besoins physiologiques ainsi que ceux de sa descendance. Les beaux discours de Hirsh et les traductions hasardeuses de Sarkozy n’y changeront rien, ce chèque 200 euros est bel et bien une aide de subsistance, ni plus, ni moins…
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Re: Précarité en France

Message par Grognard de la République le Sam 2 Mai - 18:56

Les sans-papiers de Saint-Paul protestent
AFP LE FIGARO
02/05/2009 | Mise à jour : 14:38 .
Les sans-papiers du collectif des "Oubliés de Saint-Paul", à Nanterre, ont demandé samedi à être reçus par le préfet, alors qu'un an après le début de leur mouvement, 36 ont été régularisés, et 22 sommés de quitter le territoire, a-t-on appris samedi auprès du collectif.


Ils ont demandé samedi qu'une délégation soit reçue par le préfet des Hauts-de-Seine Patrick Strzoda, précisant que sur 58 sans-papiers, 36 avaient obtenu des titres de séjour, et 22 reçu une Obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Interrogée par l'AFP, la préfecture du département n'était pas en mesure de confirmer ces chiffres dans l'immédiat.

"Nous avons contesté les OQTF dans le délai légal, un mois après leur réception. Depuis, nous n'avons aucune réponse, malgré nos demandes", a ajouté Jacques Celet, président de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) de Nanterre.
Dans un courrier destiné au préfet, les Oubliés de Saint-Paul soulignent que "la lutte ne prendra fin qu'avec la régularisation du dernier" d'entre eux.

Les Oubliés de Saint-Paul avaient occupé, entre avril et novembre 2008, les locaux paroissiaux de l'église Saint-Paul. Le 29 novembre, ils avaient installé un campement sur la pelouse de l'église.

Le 23 décembre, une délégation, à laquelle avaient participé Olivier Besancenot et Josiane Balasko, avait été reçue par le préfet. Une solution d'hébergement avait alors été trouvée pour chacun, et les convocations en préfecture avaient débuté le 6 janvier.
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Re: Précarité en France

Message par Grognard de la République le Mer 6 Mai - 19:53

Près de huit millions de personnes pauvres en France

NOUVELOBS.COM | 06.05.2009 | 18:23
Selon une étude de l'Insee, 13,2% de la population française vivait en dessous du seuil de pauvreté en 2006, c'est-à-dire avec un revenu disponible inférieur à 880 euros par mois. En 2004 ce taux était de 11,7%.


Près de huit millions de personnes vivent sous le seuil de pauvres en France. (Sipa)
Environ 7,9 millions de personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté en France en 2006, soit 13,2% de la population, selon une étude de l'INSEE parue mercredi 5 mai. En 2004, rappelle l'Institut national de la statistique et des études économiques, ce taux était de 11,7%, soit près de sept millions de personnes.
L'Insee rappelle qu'en 2006, une personne vivant seule était qualifiée de pauvre quand son revenu disponible était inférieur à 880 euros par mois et à 1.320 euros pour un couple sans enfant.
Près d'un tiers des personnes vivant au sein d'une famille monoparentale (30,3%) étaient confrontées à la pauvreté, soit une proportion 2,3 fois plus importante que dans l'ensemble de la population. Cela représentait plus de 1,6 million de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. A noter que les familles monoparentales sont le plus souvent constituées d'une mère et de ses enfants (85% des cas).

Un retraité sur dix en dessous du seuil de pauvreté
A l'inverse, les ménages les moins touchés par la pauvreté étaient les couples sans enfant: seuls 6,4% des personnes en couple sans enfant étaient dans ce cas.
Dans cette étude intitulée "Inégalités de niveau de vie et mesures de pauvreté en 2006", l'Insee note qu'au cours des dix dernières années, la baisse de la pauvreté a plutôt bénéficié aux familles nombreuses (couples ayant trois enfants ou plus), dont le taux de pauvreté a diminué de l'ordre de cinq points, alors que la situation des personnes seules et des familles monoparentales a peu évolué.
L'emploi reste une protection contre la pauvreté, observe aussi l'Insee. Ainsi, en 2006, 9,8% des personnes actives, au sens du Bureau international du travail (BIT), c'est-à-dire occupant un emploi ou en cherchant un, avaient un niveau inférieur au seuil de pauvreté, alors que 15% des inactifs étaient dans cette situation.
Près d'un retraité sur dix (9,6%) avait un niveau inférieur au seuil de pauvreté, ce qui représentait 1,2 million de personnes. Les taux de pauvreté des enfants et des étudiants vivant chez leurs parents étaient élevés, respectivement 17,7% et 18,2%.

Niveau de vie croissant jusqu'à la retraite

L'Insee souligne par ailleurs qu'en 2006, le niveau de vie était globalement croissant avec l'âge jusqu'à 59 ans, puis décroissant. A partir de 50 ans, la taille des ménages commence à se réduire avec le départ des enfants qui ont grandi, et le niveau de vie moyen est ainsi maximum pour la tranche d'âge 55-59 ans. Après 60 ans, le revenu est principalement composé de pensions et retraites, qui sont inférieures aux revenus d'activité de la période précédente.
Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques, les générations n'ont toutefois pas toutes au même âge des niveaux de vie équivalents. Si les générations nées avant 1950 ont, à chaque âge, un niveau de vie supérieur à celui de leurs aînées, ce n'est plus le cas pour les générations suivantes.
L'Insee observe par ailleurs qu'en 2006, le niveau de vie médian, qui partage la population en deux parties égales, était de 17.600 euros, soit 1.470 euros mensuels. Le niveau de vie des 10% de personnes les plus aisées était 3,4 fois supérieur à celui des 10% des personnes les plus modestes.


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