La FRANCE dans l'OTAN

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La FRANCE dans l'OTAN

Message par Grognard de la République le Ven 3 Avr - 13:56

Défense
L'Otan en questions
Par Jean-Michel Demetz, Romain Rosso, publié le 03/04/2009 11:00 - mis à jour le 03/04/2009 11:20


Le sommet de l'Otan à Strasbourg commence ce vendredi... et après? Pour son 60e anniversaire l'Alliance atlantique s'interroge sur son avenir.

La guerre en Afghanistan, les relations avec la Russie, le choix du nouveau secrétaire général et l'entrée de l'Albanie et de la Croatie figurent au programme du sommet de l'Otan, les 3 et 4 avril, à Strasbourg et à Kehl (Allemagne).

C'est bien la réintégration de la France dans les structures de commandement, pourtant, qui marque ce 60e anniversaire de l'Alliance atlantique.

Et demain, qu'en sera-t-il?

Quelles conséquences directes pour la France?

Bien qu'elle participe déjà aux opérations de l'Otan (Kosovo, Afghanistan) et qu'elle en soit le quatrième contributeur, la France veut accroître son influence au sein de la lourde machinerie otanienne.

Des représentants de Paris vont de nouveau siéger au Comité des plans de défense, principale instance décisionnelle pour la planification à long terme et pour les modalités des opérations; en revanche, ils ne réintégreront pas le Groupe des plans nucléaires (afin de maintenir la totale autonomie de la France en matière nucléaire).

Dans la structure militaire proprement dite - qui n'est plus "intégrée" depuis longtemps - seuls 110 officiers et sous-officiers français sont aujourd'hui "insérés". D'ici à 2012, un millier d'entre eux devraient avoir rejoint tous les échelons des 11 états-majors des commandements de l'Alliance (13 000 hommes au total). Rude bataille pour les postes en perspective.

Un officier général français prendra la tête de l'un des deux commandements stratégiques, chargé de la "transformation", basé à Norfolk (Virginie). Un autre dirigera, en rotation tous les trois ans avec un général italien, celui, régional et "opératif", de Lisbonne, chargé de l'Afrique, de l'Atlantique et de la mise en oeuvre de la Force d'action rapide de l'Otan. La participation financière de la France augmentera de 80 millions d'euros (son montant est de 145 millions d'euros aujourd'hui).

L'expérience opérationnelle des Français constitue un atout pour influer sur les choix. Mais leur maîtrise de l'anglais doit progresser, même si le français est l'une des deux langues officielles de l'Otan...

Est-ce la fin d'une Europe de la défense?

Il y a moins d'un an encore, le gouvernement français promettait que son retour ne se ferait qu'après de nets progrès dans la mise sur pied d'une Europe de la défense (un état-major européen, par exemple). Puis Paris évoqua des gestes concomitants. Aujourd'hui, ses diplomates promettent qu'après la réintégration, de nombreux Etats de l'Union européenne dissiperont leur méfiance vis-à-vis du rêve français d'une "Europe puissance" soupçonnée d'antiaméricanisme.

Il est permis d'être sceptique. La défense de l'Europe ne passera pas par une Europe de la défense. Manque de volonté politique, surcoût budgétaire, blocages (Chypre dans l'UE, Turquie dans l'Otan): l'Union pourrait, à terme, se voir principalement confier la sous-traitance des missions de police, de formation, d'assistance.

L'Otan au XXIe siècle: pour quoi faire?

L'Alliance n'a plus rien à voir avec celle du traité de Washington de 1949 ni avec celle dont la France a quitté la structure militaire en 1966. Depuis la fin de la guerre froide, les menaces ont mué: terrorisme, cyber-attaques, etc. Les enjeux de sécurité, aussi, de la surveillance des routes maritimes à celle des flux de ressources vitales.

Le grand défi sera l'élaboration, dans les prochains mois, d'un nouveau concept stratégique. A Washington, on réfléchit à une extension des missions à la gestion des crises régionales et au maintien de la paix: l'Otan comme bras armé de l'ONU? Paris y est réticent. En attendant, la défense collective demeure la priorité.

L'intervention russe en Géorgie, au cours de l'été 2008, a replacé l'article 5 du traité (une attaque contre un membre est une attaque contre tous) au coeur des préoccupations des alliés, notamment à l'Est.

Militaires français en Afghanistan
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Re: La FRANCE dans l'OTAN

Message par Grognard de la République le Ven 3 Avr - 14:18

« En première ligne dans la lutte contre le terrorisme »
JAAP DE HOOP SCHEFFER, secrétaire général de l’Otan
Propos recueillis par Bruno Fanucchi | 03.04.2009, 07h00


Quels sont les principaux enjeux du sommet de l’Otan ?
Jaap De Hoop Scheffer. Ce sommet à Strasbourg et Kehl, à la fois en France et en Allemagne, est très important.

Que l’Otan célèbre ainsi son 60 e anniversaire au coeur de l’Europe est symbolique ! Il y a trois gros enjeux : 1. C’est le premier déplacement du président Obama en Europe. 2. La France reprend toute sa place au sein de l’Alliance. 3. L’Otan s’élargit à la Croatie et à l’Albanie.
A l’ordre du jour, nous avons aussi le lancement du nouveau concept stratégique de l’Otan pour le XXI e siècle, une discussion importante sur l’Afghanistan, qui constitue l’opération prioritaire pour l’Otan, et un débat sur les relations Otan-Russie.

Pourquoi la France revient-elle dans l’Otan et qu’a-t-elle à y gagner ?
Le fait que la France reprenne toute sa place dans l’organisation constitue un grand stimulus pour les relations entre l’Otan et l’Union européenne. Je suis d’accord avec le président Sarkozy quand il dit qu’il y a complémentarité, qu’il faut renforcer la politique étrangère et de défense de l’UE et renforcer l’Otan en même temps. La France aura ainsi plus d’influence au sein de l’Union et au sein de l’Otan. Elle tiendra un rôle dans la restructuration des planifications et participera pleinement à la conception des opérations.

Que va changer son nouveau statut et combien d’officiers français travailleront demain pour l’Otan ?
Cela ne va rien changer car la France était déjà l’un des principaux contributeurs de l’Alliance atlantique en termes de budget comme de troupes. La France, qui participe déjà à tous les comités militaires, à l’exception de celui des plans nucléaires, n’a rien perdu de son identité, de sa souveraineté et de son indépendance. Elle aura, en revanche, quelque 900 militaires (officiers, sous-officiers et soldats) au sein du commandement, y compris au plus haut niveau. Je ne vois donc que des avantages pour l’Otan, la France et l’Union européenne.
Pour le président Obama, que j’ai vu la semaine dernière à Washington, une Europe forte est aussi dans l’intérêt de l’Otan et des Etats-Unis. Tout le monde est gagnant.

Vous rentrez d’une mission en Afghanistan. La guerre y est-elle gagnable ?
Oui, elle est certainement gagnable. Mais nous ne sommes pas en train de rechercher une victoire militaire au sens classique du terme, mais une victoire à la fois civile et militaire. J’étais il y a quelques jours à Surobi, où j’ai rendu visite aux forces françaises du général Stollsteiner. Elles font un travail formidable malgré les pertes dramatiques subies en août dernier. Quelle est aujourd’hui la situation sur le terrain ? Si au nord, à l’ouest et dans une partie de l’est du pays, il y a une stabilité relative je dis bien relative dans le sud et une autre partie de l’est, les défis sont encore énormes. Comme l’a dit le président Obama, nous sommes là en première ligne sur le front de la lutte contre le terrorisme et Al-Qaïda. Il est donc très important que les Américains, les Canadiens et les Européens fassent tout ce qui est possible pour obtenir un succès en Afghanistan. Mais je n’accepte pas que l’on parle de la guerre d’Obama ou des Américains : c’est la guerre de nous tous !

Allez-vous demander aux alliés et à la France d’y envoyer encore des renforts ?
Je le fais en permanence. A titre de renforcement temporaire pour l’élection présidentielle afghane du 20 août, quatre bataillons sont nécessaires. Il nous en manque encore deux, soit environ 2 000 hommes. Mais il nous manque également des troupes pour assurer la formation et l’encadrement de l’armée nationale afghane. En ce qui concerne la France, Bernard Kouchner a proposé d’envoyer des gendarmes. Il faut trouver une bonne relation entre l’UE et l’Otan au sujet de cette force de gendarmerie européenne, il n’est pas utile de créer de nouvelles structures. Pour le ministre afghan de l’Intérieur, les gendarmes, c’est une priorité, mais cela ne sera pas réglé à Strasbourg. C’est trop court.
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