OPEX : Centrafrique : pourquoi la France intervient

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OPEX : Centrafrique : pourquoi la France intervient

Message par Guy Verdier le Sam 7 Déc - 21:34

Centrafrique : pourquoi la France intervient

Cordélia BONAL 5 décembre 2013 à 16:38 (Mis à jour : 5 décembre 2013 à 19:34)

Des soldats français à Bangui ce jeudi. (Photo Emmanuel Braun. Reuters.)
DÉCRYPTAGE
Où se trouve ce pays ? Qui est l'ennemi ? Le conflit est-il religieux ? Tout comprendre de l'intervention militaire française qui vient de débuter après l'annonce du président de la République.

L’opération «Sangaris» – du nom d’un petit papillon rouge éphémère – a commencé. Lors d'une courte intervention télévisée, le président de la République François Hollande a annoncé jeudi soir une action militaire «immédiate». Ce jeudi, les tirs ont retenti et fait plusieurs dizaines de morts à Bangui, la capitale de la Centrafrique. Le Conseil de sécurité de l’ONU a donné dans l’après-midi son feu vert à l’intervention et les militaires devraient maintenant entrer en action. Sept questions pour comprendre l’intervention française sur cette ex-colonie située au centre de l’Afrique.
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  • Décryptage
    Centrafrique : pourquoi la France intervient
    Par Cordélia Bonal

La Centrafrique, qu’est-ce que c’est ?

C’est un pays de forêts et de brousse un peu plus grand que la France, en plein milieu du continent africain (comme son nom l’indique). Ex-colonie française, le pays est indépendant depuis 1960 et en crise chronique depuis. Les deux langues officielles y sont le sango et le français. La population est de 4,5 millions d’habitants seulement, en grande majorité des chrétiens, mais aussi des musulmans, surtout au nord.
La majeure partie du pays – à l’exclusion de la capitale Bangui, située à l’extrême sud du pays, à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) – est abandonnée depuis des années par l’Etat et la proie de bandes armées. Pays très pauvre et corrompu, la République centrafricaine a pourtant des ressources importantes, y compris du pétrole et des diamants. Des gisements mal évalués et encore peu exploités mais qui représentent un enjeu potentiel dans le conflit en cours.



Pourquoi la France s’engage-t-elle ?

Paris va tenter d’enrayer le chaos en cours. Plus d’1,5 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, ont besoin d’aide de toute urgence. Pour échapper aux machettes et aux kalachnikovs, des dizaines de milliers de familles se cachent dans la brousse. L’actuel président, Michel Djotodia, n’a plus aucun pouvoir. L’objectif est donc humanitaire et sécuritaire. Il est aussi stratégique. Le vide sécuritaire risque de déstabiliser toute la région. L’enjeu tient à la position de la Centrafrique, enclavée entre le Cameroun, le Tchad, le Soudan et la République démocratique du Congo. La France veut éviter le scénario d’une vaste zone de non-droit ouverte à tous les trafics et base arrière potentielle de groupes islamistes.

Qui est l’ennemi ?

Contrairement au Mali où la cible était claire (les jihadistes), la situation est plus complexe en Centrafrique. Dans le rôle des méchants, on trouve la Séléka («alliance», en sango), groupe armé qui a beaucoup recruté ces derniers mois. Créée en décembre au nord du pays, la Séléka a conquis la moitié de la Centrafrique en quelques semaines, semant la terreur et pillant à tout va. C’est elle qui a renversé en mars le président François Bozizé. Mais la Séléka est un groupe hétéroclite de «rebelles» locaux et de mercenaires venus des pays voisins. Sa stratégie et ses objectifs sont difficiles à cerner, et ses bandes ne semblent pas se coordonner. Face à elles, des milices «anti-balakas» («anti-machettes») se sont constituées, au départ pour s’en défendre. Mais elles s’en prennent aussi à des civils et alimentent le cycle de la violence.


Des hommes de la Séléka le 25 novembre à Bossangoa, dans l’ouest du pays. (Photo Joe Penney. Reuters)



Le conflit est-il religieux ?

Non, mais il le devient. Jusqu’à présent, les différentes communautés ont toujours vécu en bonne entente. Mais l’arrivée de la Séléka, dont les hommes sont en majorité musulmans (pratiquants ou non), a exacerbé le sentiment d’appartenance religieuse. Les milices d’autodéfense, à dominante chrétienne, ont commencé à s’attaquer à des musulmans civils en représailles des exactions commises par la Séléka. Ce mardi, au moins douze éleveurs peuls musulmans ont été tués à la machette près de Bangui par des milices formées essentiellement de chrétiens.

La France envoie combien d’hommes ?

1 200 soldats. 400 militaires français étaient déjà en place, l’armée française ayant maintenu ces dernières années une présence à Bangui. 200 autres sont arrivés ces derniers jours. Dans les jours qui viennent, une dizaine de rotations d’avions gros porteurs Antonov 124 achemineront le matériel nécessaire à l’installation du contingent français.


Une patrouille française, à Bangui, le 29 novembre. (Photo Joe Penney. Reuters)



D’autres pays vont-ils participer à l’intervention ?

La France, qui en a assez de jouer les gendarmes de l’Afrique et rechigne à être seule en première ligne, intervient officiellement en appui de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). Celle-ci compte à ce jour 2 450 hommes en Centrafrique, pour l’essentiel des soldats tchadiens, camerounais, congolais et gabonais, déployés à Bangui, mais aussi dans le nord-est du pays. L’objectif est de porter ses effectifs à 3 600 - 4 000 hommes au premier semestre 2014.



Combien de temps va-t-elle durer ?

L’intervention armée devrait durer de quatre à six mois, le temps de sécuriser Bangui et les principaux axes du pays, selon le ministère de la Défense. La résolution de l’ONU donne néanmoins mandat à la Misca pour se déployer durant «une période de douze mois». Restera ensuite le plus long : pacifier durablement le pays et assurer la transition politique. Chantier dans lequel Paris se garde bien de s’engager pour le moment.
Cordélia BONAL

Source :  Liberation.fr

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VIDEO. Centrafrique : scènes de liesse au passage des soldats français

Message par Guy Verdier le Dim 8 Déc - 11:54

VIDEO. Centrafrique : scènes de liesse au passage des soldats français

Des milliers de Centrafricains ont accueilli triomphalement une colonne française venue du Cameroun. Ce sont les premiers renforts terrestres de l'opération "Sangaris" en Centrafrique.

Par Francetv info

"Nous sommes heureux de vous voir !" : des milliers de Centrafricains ont accueilli triomphalement samedi 7 décembre dans l'ouest du pays, une colonne de blindés et de véhicules légers de l'armée française venue du Cameroun. Ce sont les premiers renforts terrestres de l'opération "Sangaris" en Centrafrique
Cris, danses, chants, concerts de casseroles ou de klaxons de mobylettes, et même quelque pleurs de joie : à Bouar (370 km au nord-ouest de Bangui), les habitants ont célébré en fanfare l'arrivée des soldats français. "Libérateurs! libérateurs!", ont scandé d'autres passants, le poing levé au passage du convoi. Dans toute la ville, la population à majorité chrétienne espère que l'arrivée des Français va faire cesser les exactions dont elle accuse les ex-rebelles de la Séléka.
La colonne française n'avait cependant pas vocation à stationner sur place et, passée cette explosion de joie, la situation dans Bouar risque de demeurer tendue ces prochains jours. Lles hommes de la Séléka n'ont pas quitté les lieux. Impassibles mais armés, ils ont regardé passer le convoi français.

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